
Nous arrivons à Tarija au petit matin,
après une longue nuit de bus, et prenons
le petit-déjeuner dans le terminal
de bus avant de contacter Javier (notre hôte
couchsurfer). Alors que nous allions sortir
du terminal, une femme nous accoste et nous
dit qu’elle est très intéressée
par nos bracelets. Il s’avère
qu’elle est propriétaire d’une
petite boutique à l’intérieur
du terminal. Nous négocions durement
et elle nous achète deux douzaines
de bracelets!! Immédiatement, Tarija
semble être, en plus d’une terre
réputée vignoble, une terre
d’opportunité…
Nous rencontrons Javier, qui nous invite
à boire un café et nous raconte
quelques mésaventures qu’il
lui sont arrivées récemment
avec des voyageurs de Couchsurfing. Nous
sommes extenués, avons tous les deux
besoin d’une douche, et il semble loin
d’être évident que Javier
nous hébergera ce soir-la…
Finalement Javier nous présente à
une amie a lui, Melissa, qui accepte d’héberger
Laura. Je dormirai, moi, chez Javier.
C’est un mec sympa qui a des problèmes
de santé et qui semble perdre la vue
a la minute… Nous faisons connaissance
et après quelques heures il m’offre
un boulot de tour leader (sorte de guide
touristique), me promet des voyages de par
le monde, l’Inde dans quelques mois,
et une paye mirobolante de 1500 dollars par
mois !
Incroyable opportunité et de quoi
remettre en question nos projets de poursuivre
jusqu’en Argentine, au moins temporairement…
Je n’en dors presque pas, mais finalement,
lorsque je rejoins Laura le lendemain matin,
je lui raconte tout ça et lui dit
que je refuserai le poste…
Quelques minutes plus tard, j’aperçois
un Français, Rodolphe, dont Melissa
nous avait parlé la veille et qui
est propriétaire d’un
bar. Pas difficile de repérer un Français
au milieu des Boliviens… Je l’accoste,
me présente, nous discutons quelques
minutes et il accepte de nous faire travailler,
Laura et moi, dans son bar ce week-end-là.
Une autre opportunité donc ! Et celle-ci
pour tous les deux !
Reste qu’il va nous falloir nous loger
quelque par en attendant le week-end…
Melissa, qui a sa propre agence de tourisme,
nous parle d’une vigne, dans la campagne
à seulement une demi-heure de Tarija,
où le propriétaire accueille
gratuitement les voyageurs en échange
de quelques heures de travail. Parfait !
Elle appelle pour arranger tout ça
et une heure plus tard nous débarquons
à la vigne de Don Jesus, dans le village
de Urundo. C’est un tout petit village
et vivre à la vigne n’est pas
du luxe mais c’est gratuit et c’est
l’occasion d’apprendre et découvrir
des choses nouvelles ! même si j’étais
loin de m’imaginer que moi, français,
allais a apprendre l’art vignoble en
Bolivie plutôt que dans mon pays chéri
!
Bref, dès notre arrivée, Don
Jesus nous met au travail et me fait faire
quelques travaux d’électricité.
Rien à voir avec le vin, vous me direz,
mais bon, si ça paye le lit, ça
me branche ! D’ailleurs, soit dit en
passant, ce n’est pas la saison idéale
pour le vin et nous ne verrons pas un seul
grain de raison durant notre séjour
chez Don Jesus ! Une bouteille ou deux nous
récompenseront néanmoins…
Les jours passent lentement dans les vignes
et nous rechargeons les batteries, avant
notre premier week-end à la Candela,
le bar de Rodolphe. Les Boliviens aiment
picoler mais sont des gens calmes, il nous
est donc beaucoup plus agréables de
travailler dans cet environnement qu’il
ne l’était à Caracas…
Le travail n’est pas difficile et la
paye est raisonnable.
Nous dormons ce week-end-là tous les
deux chez Melissa puis retournons au calme
de nos vignes… Finalement Don Jesus
nous met dans le feu dans l’action
et nous enseigne l’art de l’embouteillage
et de l’embouchonnage, avant de déguster
quelques verres de son vin artisanal et organique
(!) en l’écoutant jouer de la
guitare et chanter des chansons traditionnelles…
La semaine passe paisiblement et les tâches
à la vigne de Don Jesus sont loin
d’être prenantes… En gros,
nous ne foutons rien. Il faut être
honnête !
Nous retravaillons à la Candela le
week-end suivant et cette fois Rodolphe nous
héberge dans sa maison qui était
autrefois un restaurant. Un lieu impressionnant
en plein milieu de la ville !
Puis nous retournons chez Don Jesus. Bien
agréable cette petite routine, je
l’avoue…
Jusqu'à ce que Jesus nous annonce
qu’une équipe de football va
débarquer une heure plus tard et que
nous devons nettoyer toutes les chambres,
faire les lits etc… et le pire, dormir
dans une autre partie de la vigne : une petite
maison sans fenêtre, pleine de poussière
et sans lit ! Moins cool...
Nous préparons les chambres à
la va vite, puis préparons nos sacs
à la va vite. Merci pour tous Jesus,
mais non merci pour le reste… J’appelle
Rodolphe et nous re-débarquons chez
lui avec quatre jours d’avance…!!
Nous nous lions rapidement d’amitié
avec Rodolphe, sa femme Lia et sa fille de
quatre ans Angelina. Puis ils nous font part
d’une autre opportunité qu’ils
souhaitent partager avec nous… Décidemment…
C’est presque trop beau pour être
vrai… Mais ça l’est !
La maison dans laquelle ils habitent était
autrefois un restaurant, le Montecristo.
Aujourd’hui ils y vivent mais il y
a une opportunité de le re-ouvrir
sous sa forme ou sous une autre… Rodolphe
nous propose de verser le financement nécessaire
et de nous laisser le Montecristo, clés
en main !
Laura et moi réfléchissons
puis acceptons l’offre.
Rodolphe nous loge, nourrit et blanchit depuis
presque un mois… En semaine nous travaillons
au Montecristo que nous comptons ouvrir d’ici
a la fin octobre. Je me suis converti en
menuisier et ai même appris la couture.
L’idée est de transformer le
Montecristo en un bar ‘fashion’
et élégant où seront
servis des cocktails uniques, dans une ambiance
‘lounge’ les jeudis, vendredis
et samedis soirs…
Le week-end, nous travaillons toujours à
la Candela, jusqu'à l’ouverture
du Montecristo…
Gros projets en perspective et il semble
que je fêterai mon premier anniversaire
de voyage (le 1er octobre) ici, à
Tarija… Nous sommes donc ici pour
au moins quelques mois, avant de prolonger
notre voyage… Prochaine destination
: l’Argentine. Mais quand ? Réponse
dans quelques mois si tout se passe comme
prévu…
27/09/2009











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