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Travailler au Suka Bar fut une expérience utile financièrement, plus qu’agréable…. Un mal nécessaire… Je m’y suis fait néanmoins des amis avec qui je garderai sans nul doute contact, Carlos, Gin, Daniel, Rafael... Durant un mois entier, je travaillais donc durement et Marisol nous offrait de dormir chez elle gratuitement! Sans cela, je serais probablement de retour en Europe à l’heure qu’il est! Au lieu de cela, j’ai réussi a économiser suffisamment pour prolonger l’aventure au moins quelques semaines… Nous projetons également de vendre des produits d’artisanat en chemin, colliers, bracelets etc. Improvisation totale! Un nouveau voyage est sur le point de débuter…
Le samedi 16 mai fut mon dernier soir au Suka. Laura et moi nous reposons et préparons nos sacs le lendemain et nous quittons finalement Caracas le lundi après-midi. Enfin…


Nous arrivons à Ciudad Bolivar, dans le sud du pays, dernière escale vénézuélienne avant de rejoindre le Brésil, vers minuit et José nous accueille chez lui pour la nuit. Il est lui aussi couchsurfer et je l’avais rencontré à Choroni quelques semaines auparavant. Nous passons la soirée à papoter (José est du genre bavard… très bavard) et regardons un de ces films préférés. Un film français avec Gérard Depardieu et Jean Réno : ‘Tais-toi’. Nous nous endormons le sourire aux lèvres dans sa petite chambre d’étudiant…

Le lendemain, la mère de José nous prépare un déjeuner typique de la région, à base de viande de bœuf, de riz et de haricots noirs sucres! Puis nous passons le reste de la journée à explorer la ville, avant d’embarquer dans un bus en direction de la frontière brésilienne.


Après une longue nuit de transport, nous rejoignons Santa Elena de Uairen au petit matin, d’où un taxi nous fait traverser la frontière.
Durant ce voyage, j’ai pu constater qu’en traversant une frontière, l’atmosphère change, les gens sont différents même s’ils ne vivent qu’à quelques kilomètres les uns des autres. Ce fut le cas lorsque nous passions la frontière entre le Venezuela et le Brésil. La langue est différente évidemment, mais la façon de parler et de se comporter des personnes que nous rencontrons au poste d’immigration, puis un plus tard dans un petit restaurant, nous confirment en seulement quelques minutes que nous sommes dans un autre pays. Tout semble plus lent de ce côté de la frontière…
Nous attendons une petite heure du côté brésilien de cette ligne invisible, avant de prendre un bus pour Boa Vista, la ville la plus proche. De là, nous changeons de bus et rejoignons Manaus, sur le bord de l’Amazonie.
20/05/2009

Après avoir fait quelques provisions (eau, pain, fruits et légumes pour préparer des salades), nous nous rendons au point de rendez-vous que nous avait donné le ‘capitaine’ la veille. Évidemment aucun signe dudit ‘capitaine’ à notre arrivée… Un autre vendeur nous accompagne jusqu'à un ponton à une dizaine de minutes de là, d’où nous embarquons dans une petite barque à moteur qui nous conduit jusqu’au bateau sur lequel nous voyagerons pendant les jours suivants.
Nous ne sommes malheureusement pas les premiers à embarquer, et déjà une bonne quarantaine de personnes ont hissé leurs hamacs. Il est deux heures de l’après-midi à ce moment-là, mais le bateau ne quittera pas le port avant sept heures du soir… Longues heures d’attentes à regarder plus, et plus encore de passagers monter a bord. Les hamacs se multiplient et il était difficile d’imaginer qu’il serait possible d’amasser tant de personnes sur un même étage. Pire encore… La pensée qu’il nous va falloir dormir plus ou moins les uns sur les autres, d’autant plus que Laura et moi partageons mon hamac. Ça promet…
Le moteur gronde enfin alors que le soleil se couche et que le ciel de Manaus nous offre un arc-en-ciel spectaculaire en guise d’adieu…
La première nuit fut difficile… Nous dormons mal et peu puisque vers cinq heures du matin, d’autres passagers semblent avoir décidé d’ouvrir un débat animé et bruyant sur un sujet qui m’est encore inconnu…
Bref… La journée empire alors que d’autres passagers montent à bord… Il nous faut guetter sans cesse afin de protéger le peu d’espace que nous avons et également garder constamment un œil sur nos affaires… Pas exactement ce que nous avions imaginé avant d’embarquer. L’Amazonie non plus ne ressemble à ce que nous avions imaginé… Il semble s’agir plus d’une sorte d’immense autoroute liquide et marron.
Nous passons la majorité de la journée sur le pont supérieur du bateau, beaucoup moins plein que le reste de l’embarcation puisque les hamacs n’y sont pas autorisés. S’y trouvent quelques tables et chaises ainsi qu’un bar aux enceintes énormes qui passent de la musique à pleins les tympans non-stop, du matin au soir…
Nous y faisons connaissance de brésiliens qui font ce voyage régulièrement et avec qui nous discutons. Ils nous achètent deux colliers : notre première vente officielle !

La nuit tombe rapidement et nos nouveaux amis, alcool aidant, insistent pour que nous participions à une danse locale. Quelques pas plus tard, nous réussissons à nous échapper vers le pont inférieur, dans l’espoir de dormir plus confortablement que la veille… Une surprise, plutôt mauvaise, nous y attend. Pendant notre soirée dansante, quelqu’un a décidé de hisser son hamac juste au-dessus du notre, à seulement quelques centimètres… Je le réveille et bafouille en portugnol que nous sommes deux à partager un hamac et que nous avons besoin de plus d’espace… L’homme ouvre un œil et me répond que tout va bien et qu’il y a suffisamment de place pour nous. Malgré une dizaine de minutes à essayer de le convaincre, il ne se déplacera pas….
Nous nous endormons difficilement. Notre hamac touche celui de notre nouveau voisin et quelques coups de coude de courtoisie sont échangés avant que le marchand de sable ne passe…
Le vieil homme avait raison, il y avait suffisamment de place pour nous. C’est juste que nous ne sommes pas habitués à la sensation de dormir coude à coude, nez à nez… bref, si près d’un parfait inconnu… Quoi qu’il en soit, nous dormions mieux cette nuit-la que la précédente, paradoxalement…
Le jour suivant, notre croisière s’améliorait au fur et à mesure des escales. Le pont inférieur commençait à s’éclaircir et lorsque nous rejoignions Santarem, plus de la moitié des passagers avait débarqué ! L’Amazonie également semblait changer progressivement de visage tout en s’apetissant… La végétation se rapprochait de plus en plus de nous et les paysages que nous offrait la rivière s’embellissaient de minutes en minutes. La deuxième partie du voyage s’avérait être une expérience incroyable, faite de couleurs d’un autre monde et de ciels indescriptibles. L’ambiance à bord se fit plus paisible aussi. Du pont supérieur, nous pouvions presque toucher la vie de la rivière, ses maisons de bois, les visages des enfants qui venaient nous saluer sur de petites barques de bois… Tous ces éléments participant à constituer deux journées uniques et inoubliables, valant largement l’inconfort des deux premiers jours.
24/05/2009


Nous rejoignons Belem au petit matin, le lundi 25 mai.
Avant de quitter Manaus, nous avions reçu une réponse positive d’Analucia, de Couchsurfing, qui avait accepté de nous loger chez elle, à Belem. De la zone portuaire de Belem, nous prenons un taxi qui nous conduit jusqu’au centre ville où nous rencontrons Igor, le colocataire d’Analucia. Nous partageons une noix de coco bien fraîche et en sa compagnie, nous nous rendons à son appartement où nous prenons une douche (la première en cinq jours – la propreté des sanitaires à bord du bateau nous y avait découragé) forte attendue et nécessaire et nous récompensons d’une sieste avant d’explorer la ville.
Nous restons à Belem six jours en tout, y visitant un jardin botanique impressionnant, en plein cœur de la ville où nous découvrons avec admiration les animaux de l’Amazonie, crocodiles, tortues, iguanes…
Nous visitons également le quartier d’Icoaraci et la Ilha Mosqueiro où nous tentons (sans succès à cause de la pluie torrentielle) de vendre nos produits d’artisanat.
Le dimanche matin, nous réussissons finalement à conclure quelques ventes sur le marché de la place centrale où nous passons la matinée sous un soleil qui avait enfin décidé de pointer le bout de son nez !
En fin de journée, nous quittons Belem et embarquons à bord d’un bus de nuit en direction de Sâo Luis, plus au sud et vers la côte.
Quelque douze heures plus tard, nous nous réveillons à notre destination. Nous n’avions pas prevu de passer tant de temps à Sâo Luis, mais nous nous y sommes fait un ami qu’il fut difficile de quitter.

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