
01/06/2009
Dès notre arrivée au petit
matin, Ronaldo, couchsurfer, nous rencontre
et nous accueille chez lui. Nous faisons
connaissance et passons presque une semaine
en sa compagnie. Ronaldo est d’origine
japonaise, a vécu quelque temps en
Australie et jusqu’il y a environ 3
mois, vivait à Sâo Paulo. Il
nous donne des conseils, nous offre une carte
de la ville et nous invite à partager
sa vie pour ces quelques jours, qui resteront
gravés dans nos mémoires et
durant lesquels nous organisons une soirée-
cocktails avec ses amis, visitons l’île
d’Alcantara (un endroit impressionnant,
à moitié abandonné et
parsemé de bâtiments antiques)
et dégustons une viande de bœuf
hors du commun dans une churrasqueria, pour
ne citer que quelques activités…
Avant de nous accompagner au terminal de
bus, Ronaldo nous fait également découvrir
une plage étrange qui ressemble plus
à un parking sablé et où
le sosie de Jésus se balade…
Entre un véhicule et un parasol, nous
y jouons un peu au freezbie avant que la
pluie ne nous chasse…
Un autre bus de nuit nous attend. Ronaldo,
Laura et moi nous promettons de nous retrouver
bientôt tous les trois… Prochaine
destination, Parnaiba… Un peu plus
au sud, toujours sur la côte.
07/06/2009
































Nous arrivons à Parnaiba vers 5 heures
du matin et notre hôte à moitié
endormie, Clayce, nous rejoint au terminal
de bus. Elle nous conduit jusqu'à
sa maison, une gigantesque bâtisse
près de la place principale. Nous
sommes au début impressionnés
par la taille de la maison. Puis elle nous
montre la chambre dans laquelle nous passerons
les deux nuits suivantes. Une pièce
plutôt poussiéreuse et dénuée
de meubles (pas de lit), mais qui contient
deux crochets sur deux murs opposés
où j’installe mon hamac. Quelques
générations de moustiques occupent
déjà la chambre… Vous
l’avez deviné, nous dormirons
peu et difficilement durant ces deux nuits…
Nous posons nos sacs rapidement, buvons un
café et filons jusqu’au bureau
de Clayce (qui travaille dans une agence
de tourisme) pour vérifier nos emails.
Nous explorons ensuite rapidement Parnaiba.
Rapidement puisque à dire vrai, il
n’y a absolument rien à y voir
ni à y faire… Et nous nous
dirigeons vers la plage la plus proche dans
un petit bus local. La plage non plus ne
nous impressionne pas, mais nous nous asseyons
là quelques minutes, admirant un coucher
de soleil qui remonte enfin le niveau de
la journée.
De retour chez Clayce, l’ambiance est
assez étrange… Clayce partage
cette maison avec deux filles dont j’ai
oublié les prénoms et Wallie,
professeur d’anglais. Petit dîner
rapide, quelques mots échangés
mais rien de plus… Nous nous couchons
assez tôt en compagnie d’encore
plus de moustiques que lors de notre arrivée
dans notre chambre poussiéreuse…
Nous y aurons donc évidemment du mal
à dormir. Il y a quelque chose d’étrange
dans cette maison… Ambiance maison
hantée, et nous imaginons ce qui a
pu s’y passer… Nous apprendrons
le lendemain matin que la maison était
la propriété d’une vieille
femme seule et sans famille qui y vivait
avec deux gros chiens. Un jour, elle fut
retrouvée morte dans son jardin, et
les chiens aussi, morts à ses côtés,
sans explication… Nos doutes étaient
donc justifiés. Quelque chose de macabre
avait eu lieu dans cet endroit. Notre décision
est prise : une nuit de plus et ciao, bye
bye !
Notre deuxième jour à Parnaiba
s’améliore drastiquement lorsqu’un
bus nous dépose sur le bort d’une
petite route… Nous traversons un chemin
de sable jusqu'à un désert
de dunes et de lacs d’eau de pluie
impressionnants. Nous y passons la journée
entière, à nous promener en
prenant soin de ne pas nous perdre, nous
baignant pour nous rafraîchir un peu.
Les rayons du soleil nous frappent violemment,
le sable est chaud et pour quelques heures,
nous sommes comme transportés dans
un autre monde aux allures sahariennes. Les
paysages sont spectaculaires, dune après
dune, dunes jusqu’à perte de
vue… Comme les photos le montrent,
nous sommes zens…
Notre seconde et ultime nuit dans la maison
de Clayce fut encore plus courte que la précédente…
Encore plus de moustiques… L’ambiance
est encore plus étrange et pour couronner
le tout, notre hôte a invité
une douzaine de leurs amis, bruyants….
Nous ne participons pas aux festivités
puisque nous prendrons un bus à quatre
heures du matin… Bref, nous ne dormons
pas… Une des amies de Clayce nous
conduit jusqu’au terminal de bus. Conduite
rapide et nerveuse… Elle est à
moitié endormie, à moitié
saoule. Nos ceintures de sécurité
sont fermement attachées et nous nous
tenons aux poignées intérieures
des portes du bolide… Nous arrivons
finalement sains et saufs au terminal, remercions
la fille qui doit avoir des liens de parenté
avec Ayrton Senna et embarquons dans un bus
en direction de Camocim, toujours vers le
sud.
10/06/2009









Nous rejoignons Camocim vers dix heures et
de là, embarquons dans un véhicule
4x4 qui nous conduit jusqu'à Jericoacoara.
Je réussis à négocier
un prix avec le conducteur en lui offrant
un bracelet (!) et la pluie commence à
tomber vers midi. Elle ne s’arrêtera
que lors de notre arrivée à
Jeri… Le trajet n’en sera pas
moins spectaculaire. Pour quitter Camocim
et traverser un petit bout de mer, notre
véhicule est une première fois
transféré par bac jusqu'à
une série de dunes. Les paysages le
long de la rive se succèdent, de plus
en plus sauvages et de plus en plus beaux,
et au fur et à mesure, le ciel s’éclaircit
enfin. Il nous faudra en tout presque deux
heures, trois autres passages en bacs (parfois
pousses à la force des bras), plusieurs
kilomètres de dunes et de rivières
à bord du 4x4 rebondissant, afin de
rejoindre Jeri.
Dès notre arrivée, nous comparons
quelques posadas et posons enfin nos sacs
lourds dans un petit hôtel pas cher,
sur le bord d’une des rues de sable
qui forment la ville. Nous passons quelques
heures sur la petite plage, un peu déçus…
Impossible de nager dans cette mer trop peu
profonde et dont le sol est truffé
de pierres et rochers… Je m’y
coupe les pieds et les mains et débarque
un peu ensanglanté dans un bar pour
y demander de quoi me désinfecter
et couvrir mes plaies…
Nous nous reposons le reste de l’après-midi
dans notre petite chambre climatisée
avant de déguster quelques boules
de glace artisanale. Nous décidons
d’essayer de vendre nos produits ce
soir-la dans la ville, mais non sans difficulté…
Il n’y a presque pas d’éclairage
public sur la rue sablée principale,
nous ne connaissons pas les endroits stratégiques
et il y a beaucoup d’autres vendeurs…
Le métier commence à rentrer,
mais pas l’argent… Nous ne vendrons
rien ce soir-la…
Le lendemain matin, nous rejouons aux vendeurs
et réussissons enfin à vendre
quelques bracelets à des Américains.
Puis nous nous retransformons en touristes
et après quelques kilomètres
de marche le long de la mer, atteignons une
arche de roche naturelle, Pedra Furada. Les
paysages y sont réellement somptueux
: dunes de sables et collines couvertes de
cactus où des ânes et des vaches
déambulent tranquillement, imperturbables
malgré les passages des touristes
sur les petits chemins de terre… Nous
y rencontrons même une famille de chèvres
s’imprégnant de soleil à
seulement quelques mètres des vagues…
De retour à Jeri, nous dégustons
quelques caipirinhas fruitées (fruits
de la passion, ananas, kiwi – pour
ne citer que quelques parfums) avant d’admirer
un groupe de capoeira danser sur la plage,
alors que le soleil se couche… Nous
ne vendrons rien non plus ce soir-la…
Nous décidons de quitter Jeri le lendemain
pour plusieurs raisons : il s’agit
d’une ville très (voire trop)
touristique et commerciale ; nous ne semblons
pas pouvoir y vendre (trop de vendeurs, pas
assez de lumière) ; et l’ambiance
en général n’y est pas
si bonne que ça… ‘Switcher’
entre nos statuts de vendeurs et touristes
nous apprend à apprécier les
endroits où nous passons sous une
autre perspective… Jeri est ce genre
de ville touristique un peu VIP dans laquelle
si on n’a pas un porte-monnaie bien
rempli, on vous regarde un peu de travers…
Nous achetons un billet de bus de nuit pour
Fortaleza et le quittons donc Jeri le lendemain
soir. Nous embarquons les premiers et un
peu effrayés dans ce bus sans fenêtre
et aux sièges de plastique bien dur.
Lorsque nous avions acheté le billet
de bus, personne ne nous avait dit qu’il
s’agirait de ce genre de bus et que
nous y passerions la nuit… Finalement
le trajet fut une aventure inoubliable. Sous
ses allures simples, le bus est en fait un
bus 4x4 ‘tape-cul’ (qui pourrait
honnêtement rivaliser avec les meilleurs
parcs d’attractions du monde) à
bord duquel nous traversons des dunes et
des petits villages, sous la lumière
de la lune… Quelques heures et quelques
bleus aux fesses plus tard, le sable laisse
progressivement la place au goudron et nous
rejoignons Jijoca où nous embarquons
à bord d’un bus plus confortable
mais moins ‘fun’ jusqu'à
Fortaleza.
Bilan de notre séjour à Jericoacoara
: le trajet pour y arriver et celui pour
le quitter resteront bien plus mémorables
que la ville elle-même…
Nous dormons profondément dans le
bus et arrivons à Fortaleza au petit
matin. Nous n’y passerons que quelques
heures avant de monter dans un autre bus
qui nous conduira jusqu'à Canoa
Quebrada.
13/06/2009













La plage de Canoa Quebrada est beaucoup plus
impressionnante que celle de Jeri. Nous négocions
un prix préférentiel dans un
hôtel (avec piscine !!!) non loin de
la mer et explorons les environs dès
notre arrivée. Nous profitons aussi
de la piscine sur le bord de laquelle nous
faisons quelques bracelets supplémentaires
avant de passer la soirée sur la rue
principale (bien éclairée !).
Nous n’y vendrons presque rien, mais
avant d’abandonner et de rentrer à
l’hôtel, je décide de
faire une petite ronde des bars avec nos
produits. Coup de chance incroyable, j’y
rencontre deux Espagnoles qui m’achètent
une douzaine de bracelets ! Jackpot ! Première
grosse vente du voyage : presque 50 Reales
(soit environ 25 dollars), de quoi payer
deux nuits d’hôtel !
Le lendemain, nous profitons un peu plus
de la piscine, et faisons une petite ronde
sur la plage. Autre coup de chance : un couple
argentin nous achète une autre dizaine
de bracelets et un couple américain
un collier de perles d’Amazonie ! Cinquante
Reales de plus qui nous permettront d’embarquer
cet après-midi la dans un bus pour
Natal.
Bilan et leçons : pas facile de vendre
aux brésiliens (puisqu’en portugais)
mais dès que nous pouvons communiquer,
nous vendons. Il nous faut donc trouver un
endroit avec plus de tourisme international.
15/06/2009



Nous arrivons à Natal vers minuit
et Luiza, notre hôte couchsurfer vient
nous chercher au terminal de bus avec sa
sœur et son cousin. Quelques minutes
plus tard nous sommes chez elle. Un petit
appartement modeste, au rez-de-chaussée
d’un immeuble dans une zone résidentielle
de la ville. Luiza vit avec sa sœur
et sa mère. Elles semblent mener toutes
les trois une vie plutôt paisible…
très religieuses, elles nous préparent
le lit dans le canapé du petit salon
et nous sentons une petite gêne de
leur part… Laura et moi ne sommes
pas mariés et dormons ensemble….
Cela semble poser un petit problème,
mais il n’y a pas d’autres solutions…
Bref…
Le lendemain, nous explorons la plage de
Natal. Une plage énorme et urbaine
avec une dune vertigineuse qui marque une
de ses extrémités.
Ce soir-la, Luiza et sa sœur nous font
découvrir l’açaï,
une spécialité locale. Il s’agit
d’un fruit violet, semblable au cassis,
qui est servi en purée glacée
accompagnée de fruits. Excellent !
Puis nous faisons un petit tour de la ville
‘by night’ avant de rentrer.
J’apprends à la sœur de
Luiza comment faire quelques bracelets avant
de dormir quelques heures.
Un bus, tôt le lendemain matin, nous
conduira jusqu'à Praia da Pipa,
notre prochaine destination.
16/06/2009


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